Les bonbons d'antan retrouvent le chemin des confiseries
Les bonbons d'antan reviennent en vitrine, portés par une vague néo-rétro et par des artisans qui relancent des recettes régionales cuites au chaudron.
Les bonbons d'antan regagnent les rayons
Les bonbons d'antan sont de retour dans les vitrines des confiseries et sur les étals des marchés, portés par un goût affirmé pour le néo-rétro. Des friandises longtemps reléguées au souvenir d'enfance, comme les pastilles de Vichy créées en 1825, les berlingots, les sucettes Pierrot Gourmand, les colliers de bonbons ou les rouleaux de réglisse, retrouvent une clientèle qui les cherche et accepte de les payer. Ce mouvement s'accompagne d'attentes nouvelles : fabrication artisanale ou biologique, arômes naturels, absence d'OGM et emballages présentés comme plus sobres. Le ressort principal reste la nostalgie, mais elle se double d'une curiosité pour la façon dont le bonbon est fait, ce qui profite aux ateliers capables de montrer leur production. La tendance est documentée pour l'année 2026 par la presse spécialisée dans le commerce, qui la relie à un intérêt plus large pour les produits anciens et les circuits courts.
À Morangis, la dernière confiserie artisanale d'Île-de-France
Un exemple concret de ce mouvement se trouve à Morangis, dans l'Essonne, où la confiserie Kubli est présentée comme la dernière fabrication artisanale de bonbons d'Île-de-France. Son dirigeant, Gilles Duault, a fait de la relance de spécialités régionales oubliées un axe de travail. L'atelier refabrique ainsi des grisettes de Montpellier, des haricots de Soissons, des coeurs de Noyon, des gayantines de Douai et des petits pois au lard, ces derniers représentant à eux seuls plus de dix tonnes par an. La maison produit jusqu'à deux tonnes de bonbons par jour et propose une cinquantaine de parfums. Le chef d'atelier, Samir, y travaille depuis plus de trente ans, ce qui illustre le rôle de la transmission interne dans ce type de fabrication. Ces éléments sont rapportés par France 3 dans un reportage diffusé le 25 avril 2026.
Des gestes à près de cent degrés
La fabrication décrite à Morangis repose sur un sucre d'abord cuit, puis travaillé à la main alors qu'il est encore à près de cent degrés. Le confiseur le tempère, le plie, l'étire et le façonne rapidement, avant une étape de givrage qui dépose une fine couche de sucre sur le bonbon fini. L'atelier utilise pour cela des machines anciennes, parfois centenaires, équipées de moules en bronze et toujours en service. Ce recours à un outillage d'époque n'est pas seulement décoratif : ce sont ces moules qui donnent aux bonbons régionaux leur forme reconnaissable, difficile à reproduire avec un matériel récent. La combinaison d'un geste manuel à chaud et de moules historiques est ce qui distingue cette production d'une confiserie industrielle standardisée, et ce que la clientèle néo-rétro vient précisément chercher.
Un intérêt qui reste fragile
Le regain d'attention de 2026 ne garantit pas la pérennité de ces ateliers. Gilles Duault souligne lui-même que la disparition des entreprises anciennes ferait perdre une partie de l'histoire du métier, un risque que le retour de mode ne suffit pas à écarter. La fabrication artisanale reste lente, dépendante de quelques personnes formées sur place, comme le chef d'atelier présent depuis plus de trente ans, et vendue plus cher qu'un bonbon industriel. L'enjeu des prochains mois est de savoir si la curiosité mesurée en 2026 se transforme en commandes régulières, seules à même de financer l'entretien des machines centenaires et la formation de nouveaux confiseurs. À défaut, le mouvement néo-rétro profiterait surtout aux marques industrielles capables d'en reprendre les codes sans en assumer les gestes.

